L’initiative à suivre : I CLEAN MY SEA, la première plateforme collaborative de collecte et de revalorisation des déchets marine sourcés

jeudi 16 juillet 2020

Dans l’embouchure de l’Adour, à Bayonne, le Collector vient d’entrer en action. Le Collector, c’est le navire qu’a pensé Aymeric Jouon, océanographe et fondateur de la start-up I Clean My Sea, pour collecter les déchets plastiques qui se déversent dans les cours d’eau des environs avant qu’ils n’atteignent l’Atlantique. Fort du constat que la majorité des déchets se déversent dans les rivières durant les intempéries et s’y, Aymeric a décidé de privilégier la collecte avant qu’ils n’atteignent l’océan, où ils se décomposent en particules plus fines et se dispersent. En moyenne, 80 pour cent des déchets transitent par les cours d’eau.

Le Collector est un navire de dépollution éco-responsable, optimisé pour consommer un minimum d’énergie et collecter un maximum de déchets et conçu et développé par la Fondation Race for Water. Le navire a quitté il y a quelques semaines son port d’attache à Lorient et vient d’arriver dans l’embouchure de l’Adour, à Bayonne, où le travail de collecte sera effectué. Exploité avec le soutien de la région Nouvelle Aquitaine, il vient d’entrer en action et est exploité par des navigateurs professionnels, tous titulaires du brevet de Capitaine 200.

Une application, qui sera en ligne dans quelques semaines, développée grâce à une bourse French Tech de Bpi France, va permettre aux usagers de photographier les déchets rencontrés en mer et de les signaler, pour permettre aux navires collecteurs de venir les récupérer.

I Clean My Sea ne s’est donc pas donné pour mission de sensibiliser les usagers, mais bel et bien d’agir en réduisant la pollution là où elle est le plus présente. Objectif : faire de ce premier projet pilote un modèle en matière de dépollution afin de l’élargir à l’échelle nationale et internationale.

La pollution que l’on rencontre en mer est essentiellement constituée de plastique et c’est principalement sur ce matériau que se concentreront les efforts. Dans un premier temps, les déchets seront donc collectés et confiés à un syndicat de gestion des déchets de l’agglomération de Bayonne. A l’heure actuelle, l’équipe d’Aymeric Jouon mène une réflexion sur l’établissement d’un système de valorisation des déchets et le recyclage des plastiques, un travail mené en partenariat avec l’ESC Pau. S’inscrivant dans le mouvement Precious Plastics, les plastiques devraient être broyés et refondus pour créer de nouveaux plastiques « marine-sourcés », dans l’objectif de créer de la valeur, puisque l’effort de collecte est coûteux.

A l’heure actuelle, I Clean My Sea cherche à développer des contrats de financement avec des d’entreprises privées. Ces dernières peuvent donc participer au projet par le biais d’un dispositif de sponsoring, une opération marketing qui permet aux entreprises d’utiliser le navire comme support de navigation, leur assurant un ROI exceptionnel. Une démarche qui s’inscrit galement dans les objectifs de responsabilité sociale et environnementale des entreprises partenaires.