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La peur de l’économie collaborative.

mardi 7 juin 2016


Certains s’en inquiète : dans une société en pleine « Uberisation » comme certains l'appelle, le salariat se voit désormais menacé, l’outil de production complètement bouleversé, la possession dénigrée ou « snobée » par les nouvelles pratiques collaboratives…

En effet, grâce à Internet, de plus en plus de sites mettent en relation un nombre illimité de particuliers, toujours plus nombreux à proposer leurs services (gratuits ou payants), avec un nombre également illimité de consommateurs. A côté des incontournables de cette économie collaborative que sont Cobaturage, TravelerCar ou GuesttoGuest, on trouve une myriade de nouvelles plateformes, de la préparation de repas à la sortie en avion, comme le propose le site Coavmi.

On découvre alors la société made 2016 : 2,3 millions de français cumuleraient des activités collaboratives en plus de leur travail pour amortir leur frais ou pour arrondir leur fin de mois. Beaucoup déclarent d’ailleurs s’en sortir grâce à cette nouvelle forme économique.

Or cette tendance, même si elle suscite des levées de boucliers auprès de certains acteurs de l’économie traditionnelle (loueurs de bateaux, chauffeurs de taxis, hôteliers, etc.), n’inquiète pas vraiment le grand public. A la question « le développement d’activités de type Cobaturage représente-t-il pour l’emploi une menace ou une opportunité », la réponse est « opportunité » à 35%, « menace » à 14% et « ni l’une ni l’autre » à 51%.

Cette révolution économique entraîne également une révolution du capitalisme. Et c’est certainement ce point qui déstabilise le plus les personnes inquiètes et attentistes… pour ne pas dire rétrogrades… On assiste à la fin de la propriété et à l’émergence de l’économie du partage, dite « économie collaborative ». La consommation se recentre sur l’usage; pour beaucoup de jeunes, mieux vaut louer que posséder : c’est vrai pour un bateau (qui coûte cher à l’achat, qui demande à être assuré, entretenu régulièrement, qui exige une place au port, véritable gouffre financier dans les grandes villes), un logement (plus de 8 millions de personnes pratiquent le « couchsurfing » dans le monde, c’est à dire proposent d’héberger gratuitement un voyageur) , un outil technique comme une perceuse (qui ne sert que très peu) mais aussi pour des produits de luxe comme un sac ou une robe recherchés uniquement pour un « heureux événement »…

Et puis, dernier argument qui plaide en sa faveur, cette économie apporte avec elle des possibilités d’échange et de rencontre, contribuant à créer du lien entre voisins, entre touristes et locaux... ce qui fait de plus en plus défaut à nos sociétés repliées sur elles-mêmes. 

Alors, convaincu ? Nous OUI !